Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne
Évènement

Sous les voûtes du Panthéon, les mots résonnent

La huitième édition du Concours international d’éloquence de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne s’est achevée jeudi 16 avril sous la coupole du Panthéon. Avec sur la ligne de départ, 200 candidats issus de 27 universités françaises et étrangères, la compétition a débuté par trois tours de sélection avant de parvenir à la demi-finale dans l’amphithéâtre Richelieu lors de laquelle huit finalistes ont été retenus pour la grande finale. 
 

Dans un lieu rempli de mémoire, la soirée a réuni plus de 350 personnes sur place et plus de 2 000 spectateurs en ligne. Les finalistes ont alterné duels argumentatifs et éloges, dans un format où chaque prise de parole devait à la fois défendre une idée et raconter une histoire face aux regards du public et du jury.  
L’animation de la soirée, portée avec talent par Erin Martin, finaliste de la dernière édition, et Linda Godefroy-Rebouh, représentante de Lysias Paris 1, a rythmé avec justesse le déroulement des différentes séquences.

Au cœur de la crypte 

Le coup d’envoi a été donné par Sophie Cras, vice-présidente déléguée Science avec et pour la société qui a successivement invité sur scène Barbara Wolffer, administratrice du Panthéon, Florence Berthout, maire du 5ᵉ arrondissement de Paris et enfin, Christine Neau-Leduc, présidente de l’université, qui a donné le ton de la soirée :  

« C’est avec un immense plaisir que je vous accueille au nom de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour la grande finale du Concours international d’éloquence 2026, dans ce lieu hautement symbolique qu’est le Panthéon, temple de la République et de l’histoire de France, pour célébrer les mots. » 

Christine Neau Leduc prend la parole

Pour départager les candidats, un jury aux profils complémentaires était réuni. Il était composé cette année de Nicolas Pariser, réalisateur français et parrain de cette édition, Christine Neau-Leduc, Emmanuel Kessler, président de la chaîne de télévision parlementaire française LCP-AN, Raphaël Malara, directeur de la coordination géographique de Campus France et partenaire du Concours, Frédéric Naquet, avocat au Barreau de Paris, Graziella Suchey, lauréate de l’édition 2025, Thibaud Sauner-Leroy, président de l'association le Parlement des étudiants, ainsi qu’Anna Prstojevic, représentante de l’association Sorbonne pour les Nations Unies (SONU). 
 

Sans se limiter à un rôle d’arbitre, ce jury a accompagné le déroulement de la soirée où les styles d’éloquence se sont confrontés autant que les idées, entre récits personnels, raisonnements construits et prises de position plus imagées.

La construction des duels  

La finale a débuté avec les duels, à partir de sujets volontairement ouverts : Le duel suppose-t-il forcément deux adversaires ? L’amour est-il un contrat dont on cache les clauses ? Peut-on lutter sans se perdre soi-même ? ou encore L’amour le plus fort est-il celui qui ne se dit jamais ?


Dans cet exercice, Marion Hilaire a proposé une réflexion sur la reconstruction et le temps.  

« Nos cicatrices sont des preuves d’apprentissage, et rien ne se répare dans la précipitation. »

Tom Bil quant à lui, a développé une idée de transformation face à l’adversité.
 

« Face aux épreuves, nous nous transformons sans jamais perdre ce que nous sommes au fond. »

Des éloges entre objets et territoires

La deuxième partie de la soirée a laissé place aux éloges, où les finalistes se sont éloignés du cadre du duel pour investir des sujets choisis librement. Le registre est devenu plus narratif, parfois plus personnel, avec une attention particulière portée aux détails du quotidien.


Anna Petit s’est consacrée à faire l’éloge de la Bretagne. Construit autour d’un rapport intime au territoire, elle en fit moins un décor qu’un espace vécu, fait de sensations et de repères personnels, transformant un sujet géographique en récit incarné.  
 

« La Bretagne, ce n’est pas un décor, c’est une manière d’habiter le temps autrement. » - Anna Petit 

Les autres finalistes se sont emparés de sujets très différents tels que la ligne 13, le papillon, le temps imparti, le papier ou encore la croûte, chacun cherchant à déplacer un objectif ou une idée vers un récit plus large.

Trois voix pour trois prix  

À l’issue des délibérations, la soirée s’est conclue par l’annonce des trois prix sous la coupole du Panthéon.


Le Grand Prix a été attribué à Tom Bil, dont le discours, nourri notamment par son éloge du papillon, a marqué par sa cohérence et sa progression.  

« J’ai vécu une soirée intense, le résultat de beaucoup de travail. Entendre mon nom au moment du verdict, c’est difficile à réaliser. » - Tom Bil 

Tom Bill

Le prix révélation est revenu à Matéo Migot-Cattaneo, pour un discours construit à partir de son histoire de vie, qui a donné à son intervention une portée narrative singulière.  

« Je ne m’y attendais pas du tout. C’est une immense surprise pour moi. » - Matéo Migot-Cattaneo 

candidat

Enfin, le prix du Public a été décerné à Noé Loquier, dont la parole, portée notamment par son éloge de la ligne 13, a trouvé un écho immédiat.  

« Je suis venu pour partager un moment. Si j’ai réussi à faire rire et à créer quelque chose avec le public, alors c’est gagné. » - Noé Loquier 

candidat

Au-delà des distinctions, ces trois prix dessinent surtout trois manières d’habiter la parole, celle de construire un raisonnement, celle de transformer une expérience en récit, celle de créer un lien immédiat avec un public. 

remise des prix

Sous la coupole du Panthéon, la compétition s’est achevée mais les voix continuent de résonner.

La saison 2 du podcast Convaincre & Émouvoir, produit par l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, vous plonge dans les coulisses du Concours international d’éloquence tout en proposant une exploration analytique et pédagogique de l’art oratoire. 

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